Chronique d’un désastre sanitaire annoncé [1]

Rappel de la législation, les produits, la méthode : arguments & solutions

« le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé »

Chronique d’un désastre sanitaire annoncé [1]


Rappel de la législation, les produits, la méthode : arguments & solutions

« La pulvérisation aérienne de pesticides est susceptible d’avoir des effets néfastes importants sur la santé humaine et l’environnement, à cause notamment de la dérive des produits pulvérisés. »
Directive européenne du 21 octobre 2009

Rappel : jeudi 21 juin 2012 à 19 heures
Création du Comité de défense des intérêts sanitaires et environnementaux de Guadeloupe (CODISEG)

Les recommandations officielles sont bafouées

1- Charte de l’Environnement ajoutée en 2005 au préambule de la Constitution française

« Chacun a le droit de vivre dans un environnement équilibré et respectueux de la santé. »

« Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en oeuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage. »

« Toute personne a le droit, dans les conditions et les limites définies par la loi, d’accéder aux informations relatives à l’environnement détenues par les autorités publiques et de participer à l’élaboration des décisions publiques ayant une incidence sur l’environnement ».

2 - Directive européenne du 21 octobre 2009

« Etant donné les risques encourus, il convient que le grand public soit mieux informé des répercussions globales de l’utilisation des pesticides. »

« La pulvérisation aérienne de pesticides est susceptible d’avoir des effets néfastes importants sur la santé humaine et l’environnement, à cause notamment de la dérive des produits pulvérisés. Il convient donc d’interdire d’une manière générale la pulvérisation aérienne, avec possibilité de dérogation seulement lorsque cette méthode présente des avantages manifestes, du point de vue de son incidence imitée sur la santé et sur l’environnement… ou lorsqu’il n’existe pas d’autres solution viable ».

3 - Loi Grenelle 2 du 12 juillet 2010

« L’épandage aérien des produits mentionnés à l’article L. 253-1 est interdit, sauf dans des conditions strictement définies par l’autorité administrative pour une durée limitée lorsqu’un danger menaçant les végétaux, les animaux ou la santé publique ne peut être maîtrisé par d’autres moyens ou si ce type d’épandage présente des avantages manifestes pour la santé et l’environnement par rapport à une application terrestre, conformément aux dispositions nationales fixées après avis du comité consultatif de la protection des végétaux, et après information de la commission départementale compétente en matière d’environnement, de risques sanitaires et technologiques. »

4 - Arrêté du 31 mai 2011 relatif aux conditions d’épandage des produits mentionnés à l’article L. 253-1 du code rural et de la pêche maritime par voie aérienne

« L’épandage de produits mentionnés à l’article L. 253-1 du code rural et de la pêche maritime par voie aérienne ne peut être autorisé que lorsque la hauteur des végétaux, la topographie (reliefs accidentés, fortes pentes), les enjeux pédologiques des zones à traiter (portance des sols), la réactivité ou la rapidité d’intervention sur des surfaces importantes ne permettent pas l’utilisation des matériels de pulvérisation terrestres. L’épandage de ces produits par voie aérienne peut également être autorisé s’il présente des avantages manifestes pour la santé ou pour l’environnement dûment justifiés par rapport à l’utilisation de matériels de pulvérisation terrestres. »

« Les autorisations accordées pour l’épandage de produits phytopharmaceutiques par voie aérienne sont publiées sur le site internet de la préfecture du département qu’elles concernent. Les informations qu’elles contiennent sont les zones concernées, à l’échelle de la commune, les cultures, les types de produits phytopharmaceutiques utilisés (fongicides, insecticides, nématicides, désherbants), les périodes envisagées de traitement. » (N.B. : la demande faite le 02.03.12 sur le site de la Préfecturede la Guadeloupe « dérogation épandage aérien » provoque la réponse « pas de résultat »)

« L’opérateur doit respecter une distance minimale de sécurité de 50 mètres vis-à-vis des lieux suivants :
habitations et jardins ; bâtiments et parcs où des animaux sont présents ; parcs d’élevage de gibier, parcs nationaux, ainsi que les réserves naturelles ; points d’eau consommable par l’homme et les animaux, périmètres de protection immédiate des captages ; bassins de pisciculture, conchyliculture, aquaculture ; littoral des communes ; cours d’eau, canaux de navigation, d’irrigation et de drainage, lacs et étangs d’eau douce ou saumâtre. »

« Le donneur d’ordre doit porter au préalable à la connaissance du public la réalisation d’un épandage aérien au plus tard 48 heures avant le traitement, et notamment :
• il informe les mairies des communes concernées par l’épandage aérien du contenu de la déclaration préalable et demande l’affichage en mairie de ces informations ;
• il réalise un balisage du chantier, notamment par voie d’affichage sur les voies d’accès à la zone traitée.
Il doit par ailleurs informer les syndicats apicoles concernés par la zone à traiter de manière à ce que ces derniers soient informés au plus tard 48 heures avant l’opération de traitement. Les conditions d’information des syndicats apicoles sont définies au niveau départemental. »

5 - Arrêté préfectoral du 10.01.2012 portant dérogation à l’interdiction d’épandage par voie aérienne.

La dérogation est valable jusqu’au 30 juin 2012.

« Le donneur d’ordre doit informer, par fax et par mail, les syndicats apicoles concernés par la zone à traiter de manière à ce que ces derniers soient informés au plus tard 48 heures avant l’opération de traitement ».

« Quelle que soit l’évolution des conditions météorologiques durant l’utilisation des produits, des moyens appropriés doivent être mis en œuvre pour éviter leur entrainement hors de la parcelle ou de la zone traitée ».

« Les produits ne peuvent être utilisés en pulvérisation que si le vent a un degré d’intensité inférieur ou égal à 3 sur l’échelle de Beaufort. » (N.B. : moins de 19 km/h)

6 – La consultation publique

Comme la loi leur en fait obligation,les pouvoirs publics ont organisé une consultation publique du 21 novembre au 23 décembre 2011. Mais pour ne pas prendre le risque d’avoir des avis contradictoires, cette consultation, discrète voire secrète, a été mise en place en catimini. Ce fut un véritable parcours du combattant pour avoir accès au dossier mis à la disposition du public en Préfecture et en Sous-préfecture.

Les médias locaux étant pratiquement muets (muselés ?) sur le sujet, ce processus dit « de consultation publique » est resté méconnu de la population. La très faible participation qui en a résulté était prévisible, pour ne pas dire organisée.

Le dossier accompagnant la demande de dérogation ne comportait aucune information sur les conséquences sanitaires et environnementales d’une telle pratique.

Et comme pour nous prouver que cette consultation n’est qu’un leurre destiné à nous donner l’illusion de participer à un quelconque débat démocratique, c’est avec le plus grand mépris pour les Guadeloupéens que le Ministre de l’Agriculture, sans attendre la fin de la consultation publique et la décision du Préfet,a annoncé le 13 décembre que l’Etat français accordait une nouvelle dérogation aux lobbies des gros planteurs de bananes.

Les produits

Les produits utilisés sont : TILT (PROPICONAZOLE), *SICO (DIFECONAZOLE) et *BANOLE (HYDROCRACAGE DE PETROLE).

Les études de toxicité rangent le BANOLE en Classe II, classe qui concerne les produits « considérés comme cancérigènes du fait de données positives sur deux espèces animales. Ces substances doivent être assimilées à des substances cancérigènes pour l’homme. On dispose de suffisamment d’éléments pour justifier une présomption que l’exposition de l’homme à de telles substances peut entrainer un cancer. Cette présomption est fondée sur des études appropriées à long terme chez l’animal et sur d’autres études appropriées ». Le BANOLE est également toxique pour le système nerveux. Sa dangerosité est connue depuis l’année 2000.

Le fournisseur lui-même signale que l’inhalation de concentrations élevées de vapeurs entraîne l’irritation des yeux et des voies respiratoires et peut causer maux de tête, étourdissements, anesthésie, somnolence, perte de conscience et autres effets sur le système nerveux central, y compris la mort. L’exposition de la peau peut provoquer une dermatite graisseuse et la photosensibilisation. Dans de rares cas, le solvant peut sensibiliser les muscles du coeur causant de l’arythmie.

Le TILT et le SICO sont en Classe III qui comprend « des substances préoccupantes pour l’homme en raison d’effets cancérigènes possibles mais pour lesquelles les informations disponibles ne permettent pas une évaluation satisfaisante (preuves insuffisantes) .Il existe des informations issues d’études adéquates chez les animaux mais elles sont insuffisantes pour classer le produit dans la catégorie II. »

Ils sont étiquetés dangereux pour les organismes aquatiques.

Leur apparition récente et le manque de données toxicologiques font apparaître une méconnaissance quasi totale des effets à long terme sur la santé humaine.

Selon le Docteur Josiane JOSPELAGE, Vice Présidente du Conseil Départemental de l’Ordre des Médecins de la Martinique, « la documentation dont nous disposons et le recul des médecins sur les effets indésirables du benzène, les leucémies et autres atteintes des lignées sanguines par les dérivés du pétrole incite le corps médical à la prudence et invite les politiques à faire jouer le principe de précaution. Sur le plan de la prévention des risques sanitaires au travail la protection des ouvriers agricoles amènera à interdire le BANOLE définitivement. 

Concernant les deux autres produits, même s’ils sont moins dangereux, ils combineront leurs effets à ceux des polluants présents dans un cocktail qui risque plus d’être potentialisateurs. La même prudence devrait être de mise. » Et elle ajoute : « dans la situation qui est la notre, il faut protéger les ouvriers et les ouvrières agricoles qui peuvent être enceintes un jour, mais aussi les riverains plus ou moins éloignés, et les consommateurs d’eau et d’aliments potentiellement contaminés. Parmi ces populations il y a tous les êtres à la santé déjà fragilisée à savoir les enfants en bas âge et les femmes enceintes, les insuffisants rénaux, les malades diabétiques, psychiatriques ou autres. »

Le Docteur Charles SAINT-AIME, de Fort de France a adressé un courrier au Préfet de la Martinique où il écrit : « L’emploi des fongicides triazolés expose la population à des risques sérieux, voire mortels. » (N.B. : le Tilt et le Silco sont des fongicides triazolés.)

Ces produits sont homologués car leurs composants sont utilisés à des doses qui sont actuellement considérées comme admissibles. Mais aucune étude ne tient compte des spécificités du sol guadeloupéen, déjà gorgé de produits chimiques. En revanche on sait parfaitement que ce ne sont pas forcément les fortes doses de produits qui sont dangereuses, mais la répétition de petites doses.

Ces pratiques dérogatoires nous rappellent étrangement l’empoisonnement à la chlordécone.

Aujourd’hui, le même scénario se déroule sous nos yeux, en pire peut-être, parce qu’aucune étude à ce jour n’a étudié l’association du chlordécone avec les substances actives des deux fongicides visés par la dérogation, alors que l’on sait que les cocktails de pesticides ont des actions synergiques.

La méthode utilisée (épandage aérien)

L’épandage aérien expose fortement les populations, mais aussi la faune et la flore.

Sur notre île où habitations, jardins, parcs avec animaux sont intimement imbriqués, sur notre île où ruisseaux, ravines, canaux et fossés parcourent les bananeraies plantées sur des terrains majoritairement en pente, sur notre île balayée en permanence par les alizés, il est impossible de respecter la distance de sécurité règlementaire de 50 mètres vis-à-vis de tous ces points sensibles. 

Une équipe de scientifiques américains conduite par Mary H. Ward, du National Cancer Institute, a mené une étude qui montre que l’utilisation de pesticides agricoles, dont certains sont soupçonnés d’être cancérigènes, a un impact sur la contamination des habitations avoisinantes, et donc de l’air que respirent chaque jour leurs habitants, dans un rayon de 1250m.

Une fois épandus sur les feuilles de banane, les produits toxiques se retrouvent dans le sol, où ils polluent la nappe phréatique, les cours d’eau et ensuite les aliments, pendant un temps que l’on ignore à ce jour. 

Selon le Docteur JOSPELAGE, la technique utilisée présente un risque non négligeable lié à la finesse des particules qui expose les populations même très éloignées en favorisant la dissémination aérienne des produits malgré toutes les précautions prises. Ces microparticules peuvent se charger d’autres polluants présents dans l’atmosphère et pénétrer dans les alvéoles pulmonaires qui n’opposent aucune barrière face à ces molécules extrêmement fines. Ces micro ou nanoparticules peuvent également franchir la barrière cutanée à la faveur de l’inflammation de la peau causée par leur toxicité propre.

Il est à noter qu’un traitement par voie terrestre amènerait à faire des réserves similaires s’agissant des produits eux-mêmes. L’impact pulmonaire serait moindre, mais la toxicité digestive et chronique serait exactement la même.

En conclusion de l’expertise sanitaire qu’elle a conduite au nom du Conseil Départemental de l’Ordre des Médecins de Martinique, le Docteur JOSPELAGE conclut :

« Le médecin a un rôle de protection de la santé des individus mais aussi de la santé publique .Il se doit donc quand il est sollicité d’alerter et de tout mettre en œuvre pour éviter que ne soit mis en danger la population. C’est à ce titre que je conclurai par un avis très défavorable sur tout mode de traitement aérien ou terrestre faisant usage des produits présentés ».

Les faux arguments économiques

Dans son dernier rapport, la Cour des Comptes dénonce les aides exorbitantes perçues par les planteurs antillais. Elle montre que le choix a été fait de favoriser la banane (53 % du total des aides) et le secteur canne-sucre-rhum (28 %) alors que leur poids dans la production agricole n’est respectivement que de 14,5 % et 19,1 %.

Rapportée aux surfaces concernées (8 667 hectares aux Antilles), le montant des aides à l’hectare s’élève à plus de 15 000 € (soit plus de 300 000 € pour 20 hectares). Il faut comparer ce chiffre à la moyenne des aides par hectare reçues par les agriculteurs français, proche de 500 €…

De plus, cette politique n’a pas empêché la chute des effectifs dans les plantations de bananes : moins 47 % en Guadeloupe.

La Cour des Comptes signale aussi que les choix effectués en faveur des cultures d’exportation ont supprimé la possibilité d’encourager financièrement les productions diversifiées.

Ses conclusions sont sans appel : « Tant dans leur conception que leurs effets, les aides à l’agriculture des départements d’outre-mer ne sont pas parvenues à favoriser une activité compatible avec les critères du développement durable, dans ses dimensions économiques, sociales et écologiques. Exposées à une forte concurrence, avec la disparition progressive des protections douanières, les cultures destinées à l’exportation ont été l’objet de regroupements de producteurs et d’une diminution du nombre d’ouvriers agricoles. Les aides pour les maintenir ont plus servi à préserver le chiffre d’affaires que l’emploi. »

Le lobby des planteurs veut nous faire croire que la filière banane ne survivrait pas à l’interdiction de l’épandage aérien. Mais si les marins-pêcheurs avaient les moyens de se constituer en lobby et avaient eux aussi leurs entrées à l’Elysée et à Bruxelles, ils pourraient nous expliquer que des analyses réalisées récemment ont mis en évidence des concentrations très importantes de chlordécone et d’autres pesticides organochlorés dans les eaux du littoral guadeloupéen, menaçant gravement la filière pêche.

Quelles solutions ?

La lutte contre la cercosporiose par l’utilisation des techniques culturales est déjà utilisée.

A Mayotte, le Groupement des Producteurs de bananes et le CIRAD se sont rendus compte que le seul moyen efficace et sans dans danger est de respecter certains critères de culture (plantations en ligne, distance de plantation entre les plants, traitement mécanique par effeuilage).

La bananeraie comorienne est sortie de la cercosporiose grâce à l’introduction de nouvelles variétés de bananes résistantes. C’est ainsi que la production nationale de banane est passée de 35 000 tonnes pendant la maladie en 2000 à 62 000 tonnes après la maîtrise de cette infestation en 2004, malgré un environnement politique et institutionnel incertain en matière de mise en oeuvre des projets de développement rural.

Une autre tendance d’évolution est la suppression des produits phytosanitaires ou la mise en place de systèmes d’agriculture biologique. De tels systèmes existent dans d’autres pays. La République Dominicaine est le plus gros fournisseur mondial de bananes biologiques, suivie par l’Équateur où la production enregistre une croissance rapide. Les autres fournisseurs de bananes biologiques sont le Pérou, le Mexique, la Colombie, le Honduras, le Guatemala et les îles Canaries (Espagne).

Parmi les 300 espèces existantes, l’Europe consomme presque exclusivement une seule variété : la « Cavendish » clonée. Le développement de cette monoculture adoptée dans une logique de maximisation du rendement et de minimisation des coûts entraîne la dégradation des sols et attire toute une gamme de parasites et de maladies, notamment des maladies fongiques, qui sont difficiles à combattre dans les climats tropicaux.

La lutte chimique contre les cercosporioses des bananiers n’est pas une solution durable puisqu’elle génère l’apparition de souches résistantes aux fongicides, ce qui entraine une augmentation de la fréquence des applications.

Notons qu’une nouvelle espèce, le Mycopharella eumusa plus agressive que la cercosporiose noire semble s’étendre en Asie et dans l’océan indien.

Quand il arrivera en Guadeloupe que déversera-t-on sur nos têtes ?

Le dossier : Épandage aérien

• Chronique d’un désastre sanitaire annoncé [2]

Illustration : Spraying pesticide in California / Épandage aérien de pesticides en Californie (Wikimedia Commons), par Charles O’Rear (USDA* Photo - Public Domain). [* : United States Department of Agriculture ]

Mis en ligne par C&J Froidefond
 21/06/2012
 http://medialternative.fr/?chronique-d-un-desastre-sanitaire,4020

Voir aussi

Création du Comité de défense des intérêts sanitaires et environnementaux de Guadeloupe (CODISEG)
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