Guadeloupe : Dérogation de six mois pour l’épandage aérien

L’épandage aérien se poursuit !

Une dérogation pour l’épandage aérien vient d’être accordée au Groupement des producteurs de bananes par le préfet pour une durée de 6 mois.

Le Groupement des producteurs de bananes avait déposé le 30 mars 2012 une demande de dérogation à l’interdiction de traitement aérien pour la lutte contre les cercosporioses de la banane pour une période d’un an.

Le préfet, qui "estime que le traitement aérien des bananeraies pour la lutte contre les cercosporioses ne peut pas être arrêté brutalement" leur aura accordé une dérogation de 6 mois. Ses propos, tout comme le semblant de consultation mis en scène avant d’accorder cette dérogation, laisse deviner que la décision de laisser continuer les épandages aériens en Guadeloupe était de toute façon prise de longue date.

Une "consultation du public" avait en effet été réalisée du 18 mai au 18 juin dernier dans les locaux de la sous-préfecture de Pointe-à-Pitre et de la préfecture de Basse-Terre.

Alertés par les associations, les Guadeloupéens ont largement fait savoir qu’ils n’entendaient pas sacrifier leurs sols et leurs santé aux seuls bénéfices du lobby des producteurs de bananes - déjà plus que largement aidés et subventionnés.

« La pulvérisation aérienne de pesticides est susceptible d’avoir des effets néfastes importants sur la santé humaine et l’environnement, à cause notamment de la dérive des produits pulvérisés. »
Directive européenne du 21 octobre 2009

Comme pour le chlordécone - qu’on continuera à utiliser en Guadeloupe et en Martinique alors qu’il était interdit en Europe - , on nous dit que l’épandage "ne peut pas être arrêté brutalement".

Et dans 6 mois une nouvelle dérogation sera accordée, en suivant : on nous dira qu’il faut "finir les stocks de TILT et de BANOLE"...

Des textes à lire ou relire :

L’avis - défavorable - du Parc national de Guadeloupe sur l’épandage aérien ;

Chronique d’un désastre sanitaire annoncé [1] ;

Chronique d’un désastre sanitaire annoncé [2] ;

Épandage aérien : Lettre ouverte aux ministres ;

Création du Comité de défense des intérêts sanitaires et environnementaux de Guadeloupe (CODISEG)

Le dossier : Épandage aérien


Réactions à la dérogation accordée au Groupement des producteurs de bananes :

Réagissons tous ensemble

Réagissons tous ensemble contre l’épandage aérien - Jacky Dahomay

Ainsi donc, le Préfet vient de prolonger pour six mois l’autorisation de l’épandage aérien en Guadeloupe.

Les principaux arguments avancés sont « le traitement des bananeraies pour la lutte contre les cercosporioses ne peut pas être arrêté brutalement » et que « le recours au traitement antifongique par voie exclusivement terrestre ne peut se réaliser aujourd’hui ».

Malgré la réaction de protestation des citoyens et de nombreux avis défavorables y compris celui du Parc national lequel insiste sur la dangerosité des produits répandus pour la faune guadeloupéenne, le représentant de l’Etat se range comme à l’accoutumée du côté des planteurs.

Certes, certains de ces produits utilisés sont encore à l’étude concernant leur capacité de nuisance quant à la santé des citoyens mais il nous semble indispensable, surtout après l’épisode tragique du chlordécone, de faire jouer le principe de précaution exigé par de nombreux citoyens et associations.

Cela suscite de notre part deux grands points de réflexion.

• Premièrement, nous sommes renvoyés au fait nu et brutal que depuis l’expansion de ce qu’on appelle le capitalisme mondialisé, une logique économique systémique et puissante gouverne le monde. Même les Etats y sont assujettis et les luttes sociales et politiques traditionnelles peinent à contrecarrer le mouvement. C’est pour cela que des formes inédites de protestation, comme celle des Indignés, timidement encore, voient le jour. Les Etats sont affaiblis et les représentants parlementaires classiques éprouvent actuellement leurs limites.

Ainsi, il a suffi de la pression exercée sur le nouveau gouvernement par la compagnie pétrolière Shell pour qu’une ministre de l’environnement soit remplacée peu de temps après sa nomination. Mais la puissance du système économique capitaliste mondialisé tient surtout à l’hégémonie idéologique qu’il exerce sur les citoyens grâce à ses puissants canaux médiatiques. Elle consiste à contrecarrer, surtout chez les jeunes, la formation d’une subjectivité authentique.

Les citoyens sont atomisés, sérialisés, en individus mais un individu n’est pas forcément un sujet capable de se projeter dans le futur. Cette dé-subjectivation des individus en font de parfaits consommateurs acceptant la domination comme une logique des choses contre laquelle on n’y peut rien.

Cela nous amène à notre deuxième point de réflexion :

• Comment expliquer, malgré les tentatives plurielles dont celles du LKP, de Basse-Terre environnement et bien d’autres pour annuler la dérogation accordée aux planteurs concernant cet épandage aérien, l’étrange léthargie du peuple guadeloupéen à ce sujet ? Sans doute les Guadeloupéens sont-ils, eux aussi, victimes de la domination hégémonique du capitalisme mondialisé où la rationalité purement instrumentale qui domine le système dominant mondial a eu tendance à affaiblir d’autres formes de rationalité comme la rationalité morale et politique. C’est l’homme lui-même qui est asservi à cette logique dominante donc c’est l’humain qui tragiquement risque de s’en aller au gouffre. Mais y aurait-il une explication plus spécifique pour notre pays ? L’héritage esclavagiste et colonialiste aurait-il produit un rapport au corps, à la mort, au territoire donc fondamentalement au collectif lui-même qui nous empêcherait de fonder un sujet collectif maître de sa destinée ? La question reste posée. Ce qui est sûr, c’est que si les Guadeloupéens ne se mobilisent pas à propos de ce qui concerne leur santé, leur territoire, l’intérêt général et surtout l’avenir de leurs enfants, tout autre projet fondamental aura du mal à voir le jour.

Certes, nous ne nions pas les intérêts économiques en particulier ceux de l’économie bananière et plus largement ceux de la Guadeloupe toute entière. Mais est-ce aux seuls planteurs de dicter leurs lois, comme ils l’ont toujours fait dans l’histoire de nos îles ?

N’y a-t-il pas d’autres solutions, plus compliquées sans doute pour les planteurs de banane mais plus économique pour notre santé ? Quel est l’intérêt supérieur qui doit prévaloir en ce domaine ?

Pour tout cela, parce que nous pensons que seul le regroupement de nos forces peut avoir une pertinence en ce moment, nous invitions les syndicats, les associations de l’environnement, de la santé et tous les citoyens qui se sentent concernés à une réunion de concertation le jeudi 19 juillet à 19 heures à la Casa del tango, 651 rue Alfred Lumière à Jarry

Jacky Dahomay

Communiqué du LKP

Communiqué du LKP à propos de la nouvelle autorisation de tuer accordée aux empoisonneurs

Malgré tous les avis défavorables, malgré la mobilisation de plusieurs centaines de Guadeloupéens, malgré la prise de position des associations de défense de l’environnement notamment, c’est avec le plus grand mépris que le représentant de l’Etat colonial Français vient de décider de poursuivre l’empoisonnement des Guadeloupéens.

C’est une décision criminelle prise avec le silence complice des élus et parlementaires de Guadeloupe, singulièrement le ministre des outre mers.

Le changement, c’est maintenant n’était qu’une mascarade. La consultation publique n’était qu’un leurre, une escroquerie. Là voilà, leur démocratie.

Encore une fois, la santé des Guadeloupéens est sacrifiée sur l’autel du profit et de la logique coloniale en faveur d’une minorité de pwofitan.

DORENAVANT LES TRAVAILLEURS ET LE PEUPLE DE GUADELOUPE SE TROUVENT EN LEGITIME DEFENSE ET DONNERONT LES MOYENS DE SE DEFENDRE.

GWADLOUPEYEN DOUBOUT - LA GWADLOUP SE TAN NOU !!!

FO NOU FÈ YO ARÉTÉ ANPWAZONÉ VI AN NOU
TÈ AN NOU, KÒ AN NOU !

NON AU MÉPRIS - NOU SÉ MOUN KON TOUT MOUN !!!

LKP, 14jwiyé 2012
Publié par le LKP

Infos

Guadeloupe : L’épandage aérien se poursuit

"La décision du Préfet de Guadeloupe d’autoriser de nouveau l’épandage aérien - par arrêté préfectoral du 13 juillet 2012 - est reçue avec satisfaction par les producteurs de banane des deux îles. Les opposants à cet arrêté en Martinique se mobilisent, à travers notamment un appel aux citoyens à se rendre en préfecture et sous-préfecture pour manifester leur opposition à une nouvelle dérogation en Martinique. Du côté des élus, la commission mise en place par le président de région, qui devait rendre fin mai 2012 - au terme de six mois supplémentaires de dérogation - ses conclusions sur la nocivité des produits utilisés, et sur d’éventuelles mesures de substitution, ne s’est toujours pas manifestée."

• Lire l’article sur www.politiques-publiques.net (Guadeloupe : L’épandage aérien se poursuit)

Epandage aérien dans les bananeraies : une dérogation de six mois

Le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques permet au Groupement des producteurs de bananes de lutter contre les cercosporioses par voie aérienne.

Une dérogation d’épandage aérienne vient d’être accordée par le préfet pour une durée de 6 mois, au Groupement des producteurs de bananes, qui avait déposé le 30 mars dernier une demande de dérogation à l’interdiction de traitement aérien pour la lutte contre les cercosporioses de la banane pour une période d’un an.

• Lire l’article sur www.maximini.com (Epandage aérien dans les bananeraies : une dérogation de six mois)

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