La politique de la catastrophe

La planète serait surpeuplée...

De Kyôto à Poznan, en passant par Bali, l’humanité aura eu l’occasion d’annoncer trois fois son suicide.

Sans que cela suscite beaucoup d’émotions. Il y a un an [voir l’article Le génocide des pauvres ], nous pouvions dénoncer le programme annoncé comme l’intention déterminée de procéder à l’extermination du plus grand nombre de pauvres.

La planète serait surpeuplée. Toute politique tendant à éviter la catastrophe manquerait l’occasion historique de se débarasser de la part la plus encombrante de cette population, la plus prolifique aussi : les quelques milliards d’individus qui vivent en dessous du seuil de pauvreté et dont on ne sait que faire… Et ce serait pourquoi, de Kyôto à Poznan en passant par Bali, nos gouvernants auront tout fait… pour ne rien faire !

La conférence de Poznan avait à peine cloturé ses travaux qu’à la mi-décembre de terribles innondations sur la côte est de la Papouasie laissaient 50 000 à 80 000 personnes sans-abri. Dans le mouvement de cette catastrophe majeure, « certaines des plus petites îles ont été submergées », annonçait Flash d’Océanie. Après les îles Salomon, c’est en fait l’ensemble de la région qui est touché. Aux Fidji, la situation n’est pas rétablie en cette fin janvier. La Micronésie comme les îles Marshall ont déclaré l’état d’urgence.

Martin Moses, directeur du « National disaster service » de Papouasie-Nouvelle Guinée peut déclarer à l’agence Reuters : « Oui, le changement climatique fait payer un lourd tribut au pays du Pacifique, et nous nous attendons à ce que ça continue. »

À Kyôto, après plusieurs décennies de réflexion très élaborée sur la question dite du réchauffement climatique, la communauté des nations décidait de ne pas prendre en compte les recommandations formelles découlant de cette longue et savante étude à laquelle avait procédé le Giec (« Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat »). Les pays industrialisés, tentant de sauver la face, adoptaient un projet de réduction de leurs émissions de 5,2% – alors même que le Giec expliquait qu’il faudrait en faire au moins dix fois plus (50 à 80%), si on voulait éviter la catastrophe annoncée.

Les États-Unis assumèrent alors publiquement la politique qui était en fait celle de tous : ne rien faire. Mais, loin de ne rien faire, les pays industrialisés ont appuyé sur l’accélérateur. Les politiques publiques de ces pays ont incité à l’accroissement du trafic aérien comme de celui des automobiles, désignés premiers responsables des émissions suicidaires qu’il s’agirait de réduire.

À Bali, dix ans plus tard, alors que toutes les prévisions énoncées à Kyôto se vérifiaient dramatiquement – alors que la catastrophe climatique se manifestait spectaculairement déjà par la multiplication des sécheresses, innondations et cyclones prévue depuis belle lurette par les experts du Giec –, les États se séparaient en n’ayant pris… aucune décision.

Dix ans après Kyôto, il n’était même plus question d’éviter la catastrophe, mais simplement de faire face à ses effets. À cette fin, estimait-on alors, les pays pauvres auraient besoin que les pays riches prévoient une enveloppe de 86 milliards de dollars. Puisque les pays développés étaient responsables des dégâts que subissaient les pauvres, on pouvait dire que c’était la moindre des choses. À Bali, il était hors de question qu’une telle nécessité soit prise en compte.

À Poznan, un an plus tard, les pays riches sont prêts à faire un effort : ils verseront 80 millions de dollars – moins de mille fois moins que les besoins considérés comme immédiats il y a un an – pour ce qu’on appelle un fonds d’« adaptation ». D’adaptation à la catastrophe qu’on sait déjà qu’on n’évitera pas…

Ce serait le grand point faible des pays industrialisés que d’élire des représentants nuls en maths. À Kyôto, il ont confondu 50% et 5%... Ils se trompaient d’un zéro. Cette fois, c’est de trois…

Comme on sait, c’est tout le contraire : les élites polytechniciennes de la Nation ont un cœur de pierre – et calculent sans difficultés la destruction de l’humanité. Ce n’est pas qu’ils se trompent nos ministres. C’est qu’ils se moquent du monde.

Ainsi, lorsqu’ils décidaient de réduite les émissions de 5,2%, le principal était dans la virgule, cette fraction décimale qui prétendait à la précision. Comme si la chose avait était soupesée dans ses détails. Comme s’il s’agissait d’un chiffre « réaliste ». Ce « 0,2% » de « plus » n’était manifestement là que pour tromper son monde – pour camouffler le caractère strictement criminel de la décision prise.

Onze ans plus tard, on n’en est plus là. Les pays industrialisés signataires du Protocole de Kyôto « sont prêts à considérer une fourchette de -25 à -40% en 2020 par rapport à 1990, recommandée par les scientifiques », nous dit l’AFP. Il va de soi qu’il puisse y avoir un écart entre ce qu’on est « prêts à considérer » et ce qu’on décide effectivement… Surtout, l’AFP est bien bonne de présenter comme une intention des « pays industrialisés » ce qui était simplement cité comme le résultat d’« études scientifiques » dans le cadre d’une des innombrables commissions qui se sont réunies à Poznan…

Dans ce paysage glauque, l’Europe sarkozyenne a voulu se distinguer : elle a « décidé » – à la dernière minute, alors qu’il était bien trop tard pour que cela puisse influer sur les travaux de l’assemblée mondiale avec laquelle sa réunion coïncidait – d’une réduction de 20% de ses émissions d’ici 2020 – toujours loin des 50 à 80% que recommandait du Giec en 1997.

« Avec son plan climatique, l’Europe donne l’exemple », titre Le Monde. L’Union européenne prend « la tête de la révolution verte », selon le communiqué officiel cité par l’AFP et repris mille fois… Télés et radios ont répercuté la bonne nouvelle. Sans aller chercher plus loin, tout un chacun aurait pu se rendormir tranquille : quelque chose était fait, enfin. Merci Sarko.

20%, ce serait déjà ça… Mais non : il ne s’agissait que de ce qui s’appelle en langage politique moderne un « effet d’annonce » – autrement dit un mensonge éhonté. Car le même Conseil européen réuni sous la présidence française précisait aussitôt que la quasi totalité des industries seraient exonérées de toute contrainte afin de ne pas nuire à leur compétitivité…

Seuls les producteurs d’électricité – ici dénommés en toute simplicité « électriciens » – devraient être concernés. Une « taxe carbone » leur serait applicable.

À noter qu’a priori la France du « tout nucléaire » n’a pas grand chose à craindre… On peut même imaginer qu’elle sera en position d’engranger des «  crédits »… lui permettant de polluer plus…

Une telle « taxe carbone » risquait toutefois d’être coûteuse pour la Pologne qui n’a pas fait le choix du nucléaire, et produit l’essentiel de son électricité au charbon. Qu’à cela ne tienne : elle a été exonérée aussi. C’est vrai que cela aurait été particulièrement injuste qu’elle soit la seule à payer…

Pour le Réseau-action-climat, Greenpeace, WWF et les Amis de la Terre, qui s’associaient pour l’occasion, « c’est une journée noire pour l’Europe ». « Les chefs d’État et de gouvernement ont tourné le dos à leur responsabilité de protéger le climat. » Ils « devraient avoir honte ». La Présidence française de l’Union européenne aura visé « les intérêts de court terme des États membres et des industries les plus polluantes, aux dépens de la volonté des citoyens européens et du sort de millions de personnes à travers le monde ».

Dans ce qu’un observateur a qualifié de « grand jeu de poker menteur », Nicolas Sarkozy n’aura pas été le seul à se distinguer, mais le président français aura bien confirmé là l’ignominie absolue avec laquelle il entend gérer « sans complexes » les affaires du monde. Le scandale particulier qui aura consisté à faire coïncider la dernière réunion sous sa présidence du Conseil européen, avec le sommet mondial sur le climat, tendant à masquer l’une par l’autre, n’est pas la moindre des cochoneries qu’on lui doive.

Ce faisant, il ne s’agissait que de camouffler le vide tragique de la réunion mondiale. C’est pour rendre innaudible la véhémente protestation non seulement des écologistes, mais des représentants de l’ensemble des pays du Sud, qui se sont opposé frontalement à l’Europe tout-au-long de cette conférence, que la propagande sarkozyenne a lancé le chiffre de 20% de réduction à la face du monde – alors même, encore une fois, qu’on osait simultanément le vider de toute substance en admettant une liste dérogations si longue qu’elle concerne en fait la totalité des industries.

Nathalie Kosciusco Morizet, la ministre sarkozyste chargée de mettre en musique ce plan écœurant, ne pouvait que reconnaître que les exonérations accordées aux entreprises qui bénéficieront d’allocations gratuites produiraient une « perte en ligne », « d’environ la moitié » selon elle. Probablement – encore…– une erreur de calcul : quand 100% sont exonérés, on voit mal comment une « moitié » du plan annoncé aurait une chance de voir le jour.

Mais au grand bal de l’ignominie, d’autres aussi auront eu l’occasion de faire un tour de piste. Ainsi, le secrétaire général de l’Onu, le sud-coréen Ban Ki Moon qui, en véritable pape laïque, s’est amusé à proclamer d’entrée ce que tout le monde sait : il y a besoin d’urgence d’un « new deal vert ». L’Europe et les États-Unis doivent « montrer l’exemple ». Les pays riches « doivent fixer des objectifs de long terme ambitieux » et ceux en développement auront besoin d’un « soutien financier et technologique robuste » pour limiter leurs émissions. « Aujourd’hui, nous avons besoin d’une solidarité mondiale sur le changement climatique, le défi déterminant de notre époque. » Insistant sur « l’urgence de cette cause »...

Or, c’est justement l’inverse d’un quelconque « new deal » qui a été adopté. Si l’Europe et les États-Unis montrent l’exemple de quelque chose, c’est de l’art de ne rien faire. Certainement pas un « exemple à suivre… » quand la catastrophe frappe à la porte.

Ne reculant devant aucune bassesse, le secrétaire général de l’ONU s’est dit « très encouragé ». La conférence « a fait un grand pas en avant », a-t-il affirmé à Genève, après son passage éclair à Poznan. Il annonçait aussi son intention « d’organiser une réunion au sommet centré sur le changement climatique »… en septembre prochain… Il ne sera pas dit que ce brave homme n’aura rien fait.

Ainsi tous les délégués se sont séparés sur l’idée que ce n’était que partie remise : si rien de sérieux n’a été décidé à Kyôto, rien du tout à Bali, et quasi rien à Poznan, qu’est-ce qui empêcherait que des décisions soient prises l’an prochain, à Copenhague ?

L’autre grand espoir dont on essayait de se bercer à Poznan s’appelle Barak Obama. S’il est avéré que tous les responsables de la planète se comportent de façon pire qu’irresponsable au moins depuis Kyôto, le futur président américain pourrait, lui, réserver une surprise… Le fait qu’il ait déjà annoncé vouloir conserver l’essentiel du staff de son prédécesseur n’interdit pas de rêver. Malheureusement pour ce doux rêve, à Poznan, l’envoyé spécial de Barak Obama était présent en la personne de John Kerry.

Celui-ci a « tenu à rappeler que les États-Unis n’avanceraient pas seuls ». « Il est vital que les dirigeants américains et européens mais aussi ceux de la Chine, de l’Inde, de la Corée (du sud) et du Japon, indiquent clairement à leurs négociateurs et aux populations : c’est là que je veux aller. » Il aura eu au moins le mérite de la clarté : si l’Amérique de Barak Obama attend que la Chine bouge pour commencer à prendre des initiatives, on peut rester tranquille : il n’y a pas plus à attendre de ce côté-là. Pour ne laisser aucune ambiguïté sur l’intégralité de sa mauvaise foi, l’envoyé spécial d’Obama aura félicité l’Europe pour la dégoûtante manipulation sarkozyenne, « une énorme démonstration de leadership », un « exemple fantastique »

Un autre remarquable menteur à ce jeu vertigineux où se joue le destin de l’humanité, c’est l’innénarable Al Gore, ci-devant prix Nobel de la paix, héraut de la dénonciation du réchauffement planétaire. Il aurait même remporté un franc succès à l’applaudimètre, en parodiant le slogan d’Obama – « Yes we can ! » –, et en proclamant haut et fort quelques cruelles évidences. Il a souligné la nécessité d’agir rapidement pour éviter des conséquences potentiellement catastrophiques. « De nombreux scientifiques disent que nous avons moins de dix ans pour opérer un changement majeur dans le cours de notre civilisation », faute de quoi « l’équilibre climatique favorable qui a donné vie à la civilisation humaine et permet la vie sur cette planète » pourrait être durablement compromis. Cela ne l’empêchait pas de déclarer que, selon lui, « les raisons d’espérer et d’être optimistes » seraient « plus importantes que les raisons de douter et d’être découragés », en repartant du sinistre show de Poznan. Cet amuseur public ne se sera pas donné la peine de dire quelles étaient ces « raisons »

Pendant que ces messieurs Sarkozy, Gore, Kerry, Ban Ki Moon, se félicitaient, les représentants des pays pauvres exprimaient moins d’allégresse :

On aura pu entendre, par exemple, le chef de la délégation malgache : « Combien de temps encore va-t-on attendre des engagements concrets des pays développés pour qu’ils réduisent leurs gaz à effet de serre et nous apportent une aide ? C’est déjà trop tard. »

Pays en voie de développement, le Mexique a annoncé un plan visant à diviser par deux d’ici 2050 ses émissions par rapport à leurs niveaux de 2002. Mieux qu’aucun pays riche…

Apisai Ielemia, le Premier ministre de l’atoll de Tuvalu, dans le Pacifique, menacé à brève échéance par la montée des eaux, aura aussi pu être grave : « Nous voulons survivre en tant que peuple et nation ; c’est notre droit fondamental. » « Notre avenir est entre vos mains. » « Nous sommes un peuple fier avec une culture unique qui ne peut pas être déplacée ailleurs », devait-il préciser devant l’indécente assemblée. Il ne semblait pas pour autant que ce droit soit près d’être reconnu à Poznan… Au contraire, on aura pu relever comment Libé indique entre parenthèse que cet archipel ne compte que « 14 000 » habitants – laissant entendre qu’ils seraient facilement déplaçables. Tout comme les habitants des Maldives ou de Philippines… Ou des quarante-trois États concernés par la montée des eaux annoncée.

Le ministre de l’Environnement des Philippines, Heherson Alvarez, confirmait le diagnostic : « Les catastrophes naturelles liées au climat ont doublé en deux ans : 95 % des victimes sont issues des pays en développement ».

Le ministre colombien de l’Environnement, Juan Lozano, ne machait pas ses mots non plus : « Le volet humain du changement climatique est la souffrance de nos orphelins et de nos victimes et cela n’a pas été pris en compte, ici. » De même que son homologue indien, Prodipto Gosh, parlait de « l’un des moments les plus tristes » des négociations auxquelles il participe depuis douze ans, alors que les conséquences du changement climatique sont déjà là, privant les plus démunis « de toit et de pain ».

« Ce n’est rien d’autre que de la dureté (...) à l’égard de l’insupportable tragédie humaine à laquelle nous assistons tous les jours dans les pays en développement », a-t-il renchéri, s’adressant à ses 188 collègues présents à la conférence.

Marthinus Van Schalkwyk, ministre sud-africain de l’environnement, stigmatisait, lui, le « silence assourdissant » des pays développés…

On se souvient qu’un soir où les négociations étaient difficiles, à Bali, un groupe d’une quarantaine de ministres étaient restés toute une nuit à négocier, pratiquement jusqu’à l’aube, pour tenter d’avancer les discussions. Ça n’avait rien donné, mais on pouvait dire au moins que ces messieurs faisaient un effort. Des journalistes auront relevé qu’à Poznan, un soir où les débats étaient semblablement dans l’impasse, nombre de ministres ont préféré déléguer leurs sous-frifres pour aller eux-mêmes à une fête...

Pour Yvo de Boer, qui dirige le secrétariat des Nations unies sur le changement climatique, « Poznan… a pris fin sur une note plutôt sombre ».

Stavros Dimas, commissaire européen à l’environnement, n’était pas moins dramatique : « À Poznan, on veut dire que ce qui se passe aujourd’hui est la dernière chance pour la planète de sauver ce qui peut encore l’être… »

Accusé de « jouer la montre », il se défend : « On a substantiellement réduit nos émissions, et on parviendra à réduire nos émissions de 5,2% comme on l’a souscrit en ratifiant le protocole de Kyôto. » Loin des 20% annoncés…

Et même une diminution de 5,2% serait fort peu probable quand on sait que les États membres comme l’Allemagne ont vu une augmentation de leurs émissions de 2% et le Royaume-Uni a émis 85 millions de tonnes de CO2 de plus que ce qui lui était alloué l’année dernière.

Cette augmentation n’était pas une surprise pour les observateurs. Elle s’explique simplement : le marché du carbone existe déjà en fait, depuis 2005, en application du principe qui voudrait que les pollueurs soient les payeurs. Mais il n’aura pas eu l’occasion de faire ses preuves, le prix du carbone étant « libre », sur un marché où il y avait dès le départ une « sur-allocation » de permis d’émission, qui a provoqué malencontreusement un effondrement des prix… Ainsi, le prix d’une tonne de CO2 aura « flotté » légèrement au dessus de zéro euro… En conséquence, le pollueur-payeur aura eu à payer… moins que zéro ! Pour un peu, on lui verserait des primes !

Le système adopté par le Conseil européen sous la houlette de Sarkozy prévoit de même une mise aux enchères des quotas d’émissions de gaz à effet de serre. Toutes les industries auraient donc dû acheter leurs permis de polluer. Mais, encore une fois, au terme du sommet, la plupart des industries bénéficient de quotas gratuits, histoire d’éviter de porter atteinte à leur « compétitivité »… Seuls les producteurs d’électricité, donc, devraient – mais pas avant 2013…– payer dès la première tonne de CO2 émise, sauf dans les nouveaux États membres, tels la Pologne qui bénéficieront de « davantage de temps pour moderniser leurs centrales ».

Les experts ne s’attendent pas à ce que le prix du CO2 par tonne atteigne un niveau qui puisse inciter des investissements à grande échelle dans les technologies à faible intensité de carbone avant 2013…

À Poznan, la seule revendication des pays pauvres était qu’une taxe de 2% soit instituée sur ce « marché du carbone ». Par exemple pour financer ce qui s’appelle le « fonds d’adaptation » – soit d’adaptation à la catastrophe. Ce fonds doit leur permettre d’affronter les conséquences du réchauffement climatique : construction de digues pour faire face à la montée du niveau des mers, meilleurs systèmes d’irrigation pour lutter contre la sécheresse, nouvelles techniques agricoles, etc.

Cela serait trop simple. Non seulement la taxe carbone est un leurre qui, dans l’idéal, ne devrait pas rapporter un sous – ni en coûter beaucoup plus à personne. Mais cette simple revendication a été… rejetée.

Pendant ce temps Rajendra Pachauri, prix Nobel de la paix et président du GIEC – le groupe d’experts internationaux qui étudie cette question climatique depuis vingt ans – essaye d’expliquer quelques notions simples :

« Je crois que malheureusement les gens n’ont pas encore complètement conscience que certaines des actions qui doivent être prises pourront même apporter de la croissance économique... ». « Par exemple sur l’utilisation plus efficace de l’énergie. Si on utilisait mieux l’énergie, cela coûterait beaucoup moins cher. Et les bénéfices seraient énormes. » « Les gens ne sont pas conscients de ce qu’il faut faire. Ils écoutent ce que j’appellerai la fausse propagande qui fait courir le bruit que ces mesures réduiraient la croissance économique et produiraient du chômage. Mais ce n’est pas vrai. Car en fait cela pourrait générer des emplois, comme par exemple avec les énergies renouvelables… »

La propagande… Mais pourquoi tant de haine ? Pourquoi faut-il donc que les hommes – et les femmes – qui nous gouvernent dépensent autant d’efforts pour conduire l’humanité, à tombeau ouvert, vers les plus grandes catastrophes ?

D’une part – on l’a dit pour commencer –, parce que c’est la meilleure façon de réduire la population mondiale. L’autre raison de cette politique insensée, c’est qu’il n’y a rien de meilleur qu’une bonne catastrophe pour renforcer l’État. Et on le vérifie déjà. Plus les désastres approchent, plus nos gouvernants bénéficient d’une paix royale, et peuvent nous chanter n’importe quelle sornette sans le moindre risque de voir nos paupières se soulever.

L’apocalypse est au programme depuis l’origine des religions. Pendant des millénaires sa crainte abstraite aura suffit à maintenir l’État. À notre époque laïque, où les humains sont de plus en plus difficiles à soumettre, on a besoin de vraies catastrophes.

De la guerre de 14 au réchauffement climatique – en passant par Auschwitz et Murambi –, l’humanité n’a pas fini d’en voir, des mises en scènes « live » du fameux livre de Saint-Jean. Il n’est pas dit que les peuples du Pacifique en réchappent cette fois.

Mais on aura compris que cela ne concerne pas qu’eux…

A lire sur ce site :

Le génocide des pauvres

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Conference de Poznan

Programme Final (pdf, 200 Kb)

Le site officiel

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Crédit photo : Aviron Chateaulinois

Mis en ligne par Michel Sitbon
 1er/02/2009
 https://medialternative.fr/?la-politique-de-la-catastrophe,3745

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