MCR : un autre regard sur le réchauffement

Jean-Paul Baquiast & Mioara Mugur-Schächter

La méthode de conceptualisation relativisée (MCR) pour mieux analyser la grande crise climatique.

Un article explicatif prérédigé par Jean-Paul Baquiast puis soumis à Mme Mioara Mugur-Schächter, qui l’a révisé en détail.

Le 4e Rapport du GIEC [1], établi en 2007 sur des données de 2005 et antérieures, a été reconnu comme bien trop optimiste par les experts du GIEC réunis à Copenhague le 10 mars 2009. Mais vu la lourdeur de l’Organisation, le prochain rapport ne sera publié qu’en 2014.

Or "les dernières observations confirment que le pire des scénarios du GIEC est en train de se réaliser. Les émissions ont continué d’augmenter fortement et le système climatique évolue d’ores et déjà en dehors des variations naturelles à l’intérieur desquelles nos sociétés et nos économies se sont construites", a affirmé le comité scientifique de la conférence.

Introduction

Supposons un climatologue qui cherche à comprendre le réchauffement qui depuis quelques décennies semble affecter l’ensemble des climats du monde. Ce climatologue constatera vite que les définitions classiques du réchauffement ne suffisent pas à expliquer les phénomènes à court terme plus ou moins erratiques constatés par les météorologues.

Ceci conduit les sceptiques à nier le phénomène tout entier, enlevant de la crédibilité aux politiques destinées à lutter contre la production anthropique des gaz à effets de serre. L’opinion en vient à les critiquer.

La définition des "réchauffements" est-elle pertinente ?

Dans les sciences de la Terre "réalistes", c’est-à-dire qui présupposent la possibilité de décrire le réel physique "tel qu’il est en soi", indépendamment de l’homme, on a tendance à ériger en "faits" immuables ce qui n’est qu’effet relatif à des modes de se comporter, de parler, etc. Le réchauffement, la désertification, le dépeuplement des océans…, deviennent des absolus que l’on ne peut qu’étudier de l’extérieur, en tournant autour sans les modifier, comme on le fait en étudiant, par exemple, une éruption volcanique. Mais un peu de réflexion montre que le degré d’indépendance de l’entité-objetd’étude, face à nous, les observateurs qui décrivons, de nos comportements, nos buts et le langage même que nous employons, est loin d’être le même pour toutes les entités-objet-de-description. Qu’il est essentiel d’expliciter et de définir le degré de relativité à nos actions descriptionnelles, de ce que nous qualifions ; bref, qu’il faut en chaque cas définir les relativités descriptionnelles et en estimer la source, la nature et l’importance des marques qu’elles impriment sur la description. Ce qu’on appelle "réchauffement de la planète" n’est ni conçu ni qualifié de la même façon par les lobby’s pétroliers, les écologistes, le ministère de l’environnement ou par tel ou tel scientifique travaillant sur un terrain d’un type donné : air, océan, continents terrestres. En d’autres termes, on ne peut pas "réifier" subrepticement le réchauffement en un "objet" unique et bien défini, simplement en utilisant dans tous les cas un même mot, comme s’il s’agissait d’une réalité dont la définition s’imposerait à tous au même degré auquel s’impose le signifié de l’expression ’l’Océan Atlantique’ ou bien le signifié de l’expression ’le continent africain’. Ce ne serait que fabriquer une illusion.

Que faire alors ? Accepter passivement l’hétérogénéité des discours qui repose sur la diversité des personnes parlant du réchauffement et sur la non-compatibilité de leurs motivations ? C’est en général ce qui se passe. Mais on aboutit ainsi à une sorte de babélisation. Les différents locuteurs désignent sous le même mot des choses foncièrement différentes, pas seulement parce qu’ils ne ne conçoivent pas la nécessité de faire autrement, mais souvent parce qu’ils veulent provoquer des réactions politiques différentes. Ceci explique pourquoi la science climatologique est généralement considérée comme inexacte sinon menteuse.

Mais si l’on voulait introduire de la rigueur dans les discours sur le réchauffement, il faudrait que toute personne qui en parle soit amenée à préciser son référentiel épistémique, le comparer à ceux des autres, et contribuer ainsi à faire ressortir un ensemble de définitions particulières relativisées communicables et consensuelles qui puissent ensuite être unifiées de quelque façon et subsumées à un concept unique de "réchauffement de la planète". On constatera alors, probablement, que la plupart des gens qui parlent de réchauffement d’une façon prétendument scientifique, refuseront les procédures de relativisation consensuelle ; pas parce qu’il s’agirait d’un processus trop complexe, mais parce qu’ils refusent d’admettre qu’ils ne veulent pas aboutir à un consensus intersubjectif. Car en fait, souvent, celui qui parle de réchauffement s’appuie implicitement, afin de se crédibiliser, sur la croyance des autres en "une manière d’être en soi" de cette entité (ce’ qui est une notion auto contradictoire) : ils ne cherchent qu’à donner de la "réalité" à son discours et à sa personne, voire à sa carrière quand il s’agit d’un « expert » appointé. Nous sommes face à une tentative de prise de pouvoir sur ceux à qui ce discours est destiné. Le réchauffement de la planète est une question politiquement sensible et donne lieu à de multiples exploitations partisanes.

(...)

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 3/06/2009
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